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L'important, c'est d'être lu
Il arrive souvent que quelqu’un m’aborde, main tendue et sourire aux lèvres, pour me demander, avec un air condescendant : « Alors, vos livres se vendent bien ? » Autrefois, je répondais poliment. Aujourd’hui, je rétorque avec enthousiasme : « Je viens de dépasser les dix mille exemplaires ! » La personne arbore alors un air ahuri.
Je me moque du nombre de livres que je vendrai ; l’essentiel, c’est d’être lu. C’est pour cette raison que je continue d’écrire. Et pour écrire, il faut lire sans cesse. En lisant, on prend conscience de ce qui a été bien fait ou non, de ce qui est banal et de ce qui est innovant, de ce qui fonctionne dans un chapitre et de ce qui échoue. Plus je lis, moins je risque de me ridiculiser par mon écriture. Et, une fois lancé dans un projet, je ne m’arrête pas. Certes, je n’écris pas tous les jours, car mon emploi du temps est chargé, mais lorsque je parviens à écrire un chapitre en une journée, je suis satisfait.
Mes romans et nouvelles ne sont pas uniquement des récits à suspense. Certains sont imprégnés de surnaturel mélancolique, d’autres n’ont de fantastique que l’inquiétante étrangeté qu’ils dégagent, et la plupart ne contiennent pas une once d’horreur. Pourtant, tous partagent un objectif commun : surprendre le lecteur.
Pour ceux qui ne m’ont jamais lu, je ne suis qu’un nom parmi tant d’autres sur la liste des auteurs de thrillers. Ils n’ont encore jamais lu une ligne de moi, mais au fil du temps, leur curiosité ne pourra que croître. Ce que je remarque dans les groupes de lecteurs sur les réseaux sociaux, c’est leur engouement pour trois ou quatre auteurs, souvent français, qui ne sont pas vraiment ma tasse de thé. En tant que lecteur, je consulte des extraits gratuits sur les plateformes d’achat en ligne. Quand un extrait me plaît, je note le nom de l’auteur dans un coin de ma tête, peu importe sa notoriété, en me disant que je lirai son œuvre un jour. En général, je ne suis pas déçu.
Beaucoup d’auteurs semblent penser que, dans les thrillers, il n’y a pas de place pour les émotions, préférant des réactions émotionnelles stéréotypées, qui n’ont pas plus de profondeur que des indications scéniques de scénario. Mes histoires se lisent comme un film, certes, mais j’attache une grande importance à inclure des sentiments authentiques.
Une histoire courte et intense, plutôt qu’une histoire interminable et solennelle.
Quand je termine un livre, je ne me pose pas la question : de quoi vais-je parler pour le suivant ? La réponse est : de ce que je connais. De n’importe quoi, mais à une condition, être soi-même.
Raconter l’histoire d’un homme qui tue sa femme et tente de se débarrasser du corps, en la découpant en plusieurs morceaux, ne garantit pas que l’on va captiver le lecteur. Cette histoire a été écrite des milliers de fois. Ce qui compte, c’est la dose de folie et d’ingéniosité que l’on va ajouter à l’histoire.
Certains naissent créatifs et d’autres le deviennent. N’ayant pas de formation ou de diplôme littéraire, j’ai toujours été curieux de concrétiser par moi-même des idées. Nombreuses sont les raisons qui stimulent notre imagination et nous poussent à devenir créatif. Il n’y a pas d’âge pour apprendre, et encore moins pour devenir toujours plus créatif. Pour cela, il faut cultiver son âme d’enfant. Les enfants ont moins de soucis que les adultes, car ils pensent en priorité à ceux qu’ils aiment et découvrent chaque jour de nouvelles choses, essaient et se trompent. On a le droit de se tromper. Les enfants touchent à des choses inédites, uniques, et cela, sans a priori. Et puis ils jouent, apprennent, posent des questions. Quand je pense au nombre de fois où j’ai dû corriger, retoucher, modifier, réécrire mes histoires, alors qu’elles avaient déjà été publiées. Je les ai habillés un peu plus, tout en prenant soin de ne pas les dénaturer.
En grandissant, mes références littéraires et ma passion pour le cinéma m’ont permis de développer mon imagination. Mes histoires ne plaisent pas à tous les lecteurs, car elles ne sont pas structurées comme un roman, mais plutôt comme une nouvelle. C’est un mélange de thriller, de roman noir, de fantastique, et de scénario. Je pourrai écrire des romans-fleuves, mais je continue à penser qu’il vaut mieux une histoire courte et intense, plutôt qu’une histoire interminable et solennelle. Comme l’a écrit Stephen King : « La nouvelle…, c’est comme le baiser furtif d’une inconnue dans le noir… Les baisers peuvent être suaves et leur extrême brièveté exerce en elle-même une attraction. »
Les lecteurs "passionnés" sont attirés par une bonne histoire, et non par les mérites littéraires d’un roman. Moi-même, quand je lis un livre, je cherche une histoire qui me fascinera au point que j’aurai envie de tourner chaque page jusqu’à la dernière. Je m’attache aux personnages, à leur environnement, leur façon de parler. Le fait d’entendre l’écho de ce qui est ma vie me pousse davantage à m’investir dans l’histoire.
Ce qui m’intéresse en tant qu’auteur, c’est d’être lu, peu importe le nombre de lecteurs. Être lu pour pouvoir échanger ensuite. La critique est toujours bonne lorsqu’elle vient de quelqu’un qui a pris la peine de vous lire. Il est à même de vous dire ce qui a fonctionné et ce qui a manqué. Certains me demandent, en faisant mine de s’intéresser à ce que je fais, « Alors, tu écris toujours des nouvelles ? » Ce à quoi je réponds : « Oui… non, pas vraiment. » Aujourd’hui, moi-même, je l’ignore encore. D’autres me demandent pourquoi j’écris toujours des thrillers et des romans noirs. Je suis un fan de thrillers et de romans noirs, il est naturel que j’aie envie d’en écrire.
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